de fer et de feu

De vieux bouts de ferraille rouillés, Marie-Christine Sohm tire d’élégantes et sensuelles sculptures.

 

Alignés en tas sur le sol de l’atelier, elle présente

ses trophées. Des morceaux de ferraille

informes, tourmentés, rouillés, abattus par le

temps et les éléments. Des rebuts tout juste bon

 pour la benne. Erreur. Marie-Christine Sohm

en fait son miel.

Et quel miel. Postés devant son établi,

casqués, protégée, d’une pluie d’étincelles,

 elle fait jaillir des silhouettes élancées, des

couples enlacés, des ribambelles joyeuses.

Marie-Christine Sohm est sculpteur sur fer.

Il y a cinq ans, quand elle se désolait de ne rien

connaître au maniement du fer à souder quoique

« grande bricoleuse », une bonne âme de son

entourage entreprit  de lui communiquer son

savoir-faire. L’élève était doué. Depuis dans son

atelier d’Einville Au Jard, près de Lunéville,

naissent sous ses mains gantées des hommes et

 des femmes de fer, sujets rigides et pourtant d’une

 si radicale sensualité qu’imparablement l’envie

vous prend d’y poser la main, de les caresser.

 Elle-même n’y échappe pas. « J’adore les

 toucher » sourit-elle.

 

En août à Vic-sur-Seille

 

Infirmière de formation, longtemps Marie-Christine Sohm soignait les corps, elle soigne aujourd’hui ses créatures de métal. Avec amour, elle nettoie, brosse, décape, ponce, lustre…, les corps auxquelles elle pose des têtes dede cailloux…, pardon, de galles et récupérés «  en balade le long des plages, à la Rochelle » ou qu’elle ramène d’un site exploité par une entreprise vosgienne, parfaitement d’accord.

 

D’accord aussi les ferrailleurs, pour laisser l’inlassable fureteuse récupérer les pièces de son choix. Mieux, certains lui apportent à domicile. Au même titre que le personnel d’un établissement de la région lui coupe à son intention des séries de cercle dans de vieux tuyaux. « Dans les entreprises les personnes sont très aimables toujours très à l’écoute des artistes. » Surtout, ce qui ne gâte rien, lorsque l’artiste est une jolie femme. La séduction métallique de ses personnages lui a déjà valu prix et récompenses et lui vaut de participer à diverses manifestations. Dans l’immédiat, Marie-Christine Sohm expose jusqu’au 18 juin à Paris           à la galerie Monod, avant de passer tout   le mois d’août à l’office du tourisme

de Vic-Sur-Seille, patrie de Georges de La Tour. Et de reprendre en 2012 le chemin d’une galerie parisienne.